mercredi 5 juillet 2017

General Electric envisage de supprimer 345 postes à Grenoble


Le conglomérat industriel américain General Electric (GE) envisage de supprimer 345 des 800 postes dans l'usine de sa branche Hydro de Grenoble, suscitant mercredi de vives inquiétudes dans le berceau français de la houille blanche.
Mardi, le forum européen de l'ex-branche énergie d'Alstom - rachetée en 2015 par GE après le feu vert donné par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie - a été "informé de la fermeture" de l'activité fabrication de turbines hydrauliques à Grenoble, et "plus de 340 personnes verront leur poste supprimé", a indiqué dans un communiqué le Comité de groupe France de GE.
"Le chiffre de 345 postes apparaît noir sur blanc sur un document de la direction" remis au comité européen, a précisé à l'AFP Jean-Bernard Harnay, délégué syndical central CFDT Hydro France, confirmant des fuites parues dans la presse.
De son côté, GE Renewable Energy a confirmé à l'AFP "avoir entamé le 4 juillet (mardi) des discussions" avec les représentants des salariés au niveau européen "sur des propositions visant à faire évoluer l'activité hydroélectricité de GE".
"Cette étape est nécessaire pour mieux positionner notre activité et réussir dans un marché extrêmement concurrentiel. Des réunions sont prévues le 7 juillet (vendredi) avec les organes représentatifs de la division Hydro France", a ajouté la direction, qui ne fera "aucun commentaire" sur ce sujet jusqu'à la clôture des réunions.
Vendredi, à Grenoble, se tiendront un comité central d'entreprise (CCE) puis un CE simple pour le site grenoblois.
Les syndicats locaux doivent se réunir jeudi pour envisager des actions durant ce CCE afin de réagir à cette "annonce très très violente" du projet de licenciements.
"C'est pas comme ça qu'on nous avait présenté le mariage entre Alstom et GE! GE est en train de briser notre outil industriel", a déploré auprès de l'AFP un représentant du personnel préférant garder l'anonymat, craignant que ce "fleuron qui fête ses 100 ans soit bradé d'ici deux ans".
Le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, a estimé auprès de l'AFP qu'il "fallait s'assurer de maintenir ces compétences du futur sur l'hydroélectricité" et notamment le pôle de recherche et développement "de niveau mondial" qu'héberge la ville.
"On va suivre cela de très près et interpeller le gouvernement", a assuré M. Piolle, qui connaît bien Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique.
Le président PS de Grenoble Alpes métropole, Christophe Ferrari, appelle à une "coalition" des forces du territoire pour interpeller le président de la République sur "ce mariage présenté comme pertinent et qui vire au cauchemar" et qui pose la question de "notre souveraineté énergétique".
Outre le site de Grenoble, les usines de Bilbao en Espagne et de Birr en Suisse sont aussi concernés par des suppressions de postes qui correspondraient à des quasi fermetures de site.
Les syndicats du comité de groupe France ont aussi relevé l'annonce "fin juin" du "regroupement des activités de Power et Energy Connections". Avec à venir "un plan de restructuration et des suppressions de postes (...) à partir de septembre", ont-ils dénoncé.
Ils rappellent que "le premier plan de restructuration terminé en 2016 a conduit GE à se séparer de 800 postes".
En janvier 2016, GE avait annoncé la suppression en deux ans de 6.500 postes sur 35.000 en Europe dans les activités énergétiques rachetées à Alstom, dont 765 en France.
Pour obtenir l'aval du gouvernement au rachat du pôle énergie d'Alstom, GE s'était engagé à créer 1.000 emplois nets en France en trois ans. Une promesse réalisée à moitié, a assuré mi-juin GE.
Pour être tenue, elle suppose l'embauche au minimum de 3.700 personnes d'ici 2018 pour compenser les suppressions et départs naturels, avait indiqué le groupe en 2016, avant le plan touchant Grenoble.
A ce jour, environ 1.700 créations ont été annoncées en France, sans compter l'atelier d'imprimantes 3D prévu à Belfort, selon un décompte de l'AFP.