vendredi 23 juin 2017

GM&S Industry: nouveau sursis mais pas d'offre ferme de reprise


Le tribunal de commerce de Poitiers a mis en délibéré au vendredi 30 juin sa décision sur le sort de l'équipementier automobile creusois GM&S Industry, menacé de liquidation, mais pour lequel "il n'y a toujours pas d'offre" ferme de reprise, ont indiqué les syndicats.
Le tribunal, au terme d'une audience à huis clos, a repoussé d'une semaine sa décision, comme le demandaient les représentants des 277 salariés. Pour eux, la semaine à venir s'annonce cruciale, avec notamment une réunion mardi au ministère de l'Economie, dans le cadre d'un "processus de négociations en cours" avec l'Etat et les constructeurs PSA et Renault, principaux clients de GM&S.
"C'est un nouveau sursis de huit jours. On a huit jours pour faire avancer les choses avec l'Etat et les constructeurs et la mobilisation des salariés", a déclaré à la presse Jean-Marc Ducourtioux, délégué CGT, à l'issue d'une audience jugée "particulièrement éprouvante" par l'avocat des salariés, Me Jean-Louis Borie.
Quatre cars d'ouvriers de GM&S avaient fait le déplacement vendredi matin depuis l'usine à La Souterraine (Creuse), les t-shirts bleus des GM&S, rejoints par des syndicalistes locaux, investissant les rues aux abords du tribunal de commerce au son de cornes de brume et puissants pétards.
Les syndicats ont une nouvelle fois dénoncé le fait que le seul repreneur potentiel à avoir exprimé à ce jour un intérêt pour GM&S, le groupe d'emboutissage stéphanois GMD, "ne se positionne pas sur ce dossier réellement, fermement et définitivement".
L'entourage du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait pourtant indiqué jeudi qu'une offre de GMD avait été transmise au tribunal de Poitiers. Les syndicats ont assuré vendredi qu'il n'y avait pas d'offre en bonne et due forme mais "un mail complémentaire déposé" par GMD, selon Me Borie, pour qui le repreneur potentiel se fait prier.
"Quand vous êtes dans une position où vous êtes le seul à faire une offre, vous faites votre marché et vous tentez d'obtenir toujours plus, toujours plus, voilà comment j'explique qu'il n'y ait toujours pas d'offre" officielle, a-t-il analysé.
GM&S, emboutisseur/soudeur/assembleur de La Souterraine, deuxième employeur privé de la Creuse avec ses 277 salariés, a déjà passé six mois en redressement judiciaire. Son site est bloqué depuis dix jours par les salariés, après une première occupation de deux semaines en mai. Une assemblée générale doit se prononcer lundi sur un déblocage éventuel du site et une reprise du travail.
D'ici au 30 juin, terme de la période d'observation pour GM&S, les salariés de GM&S espèrent obtenir que "les constructeurs puissent financer la période d'observation" au-delà, jusqu'au 30 septembre, "pour permettre une véritable discussion et une véritable négociation notamment avec GMD sur l'essentiel des choses en débat: le nombre d'emplois repris, que l'on peut faire évoluer", et les indemnisations pour ceux qui seront licenciés.
Jusqu'ici, les syndicats ont jugé "indécents" les termes de l'offre potentielle de GMD, qui selon des sources proches du dossier, porteraient sur le maintien à la Souterraine de 110-120 emplois, au plus 140.
Les représentants du personnel ont souligné vendredi à quel point la semaine à venir était "décisive". "On pense qu'il y a des possibilités de faire converger les solutions, après c'est à l'Etat, principal acteur, et aux constructeurs de mettre les moyens pour que ce site vive", a résumé le délégué CGT Vincent Labrousse.
Bercy, où une délégation des GM&S avait été reçue à sa demande jeudi, a chapeauté ces dernières semaines les discussions sur l'avenir de l'équipementier. Elles se déroulent dans le cadre d'une "cellule de crise" dont le président Emmanuel Macron, fraîchement élu, avait annoncé la création aux syndicalistes creusois lors d'une rencontre le 9 juin à Bellac (Haute-Vienne), un de ses premiers déplacements en région.
"Je ne suis pas le Père Noël", les avait-il toutefois mis en garde.