vendredi 21 avril 2017

Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre
Austérité budgétaire: et la santé dans tout ça ?


Vendredi 21 avril, le Conseil d’administration du Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre s’est réuni afin d’examiner le dossier qui sera présenté devant le prochain COPERMO, l’instance interministérielle qui décide ou non d’allouer des moyens financiers aux établissements de santé.

Bien que la majorité des membres du conseil ait demandé le report du COPERMO, ce dernier aura lieu le 23 mai prochain. Les précédents n’ont eu de cesse de restreindre les budgets alloués au CASH et de le contraindre à des économies supplémentaires intenables.
Le dossier soumis au Conseil d’administration pour information- non pour délibération- des administrateurs vise à résorber, d’ici 2021, le déficit de l’hôpital actuellement évalué à 11,3 millions d’euros.
Après que l’ARS ait fermé brutalement la totalité de l’activité chirurgicale l’été dernier, ce qui a privé du jour au lendemain les populations d’une offre de soins publique utile tout en accentuant considérablement le déficit de l’hôpital, le projet médical présenté lors de ce conseil d’administration constitue un grave retour en arrière dans l’histoire de l’établissement en en faisant de nouveau un lieu de relégation humainement inacceptable.
Ainsi, la capacité d’accueil en psychiatrie serait multipliée par deux, le nombre de lits passant de 59 à 117.
40 lits supplémentaires seraient créés en USLD (Unité de soins de longue durée) auxquels s’ajouteraient un hôpital de jour pour les personnes âgées et une unité de gérontopsychiatrie de 20 lits.
De surcroît, l’arrivée de ces nouvelles activités qui prennent en charge des patients très spécifiques, souvent complexes, s’inscrira dans le cadre de suppressions de postes massives.
Au final, et tel que n’ont cessé de le redouter les élus, les médecins et l’ensemble des personnels ainsi que les membres du Comité de défense et de modernisation de l’hôpital de Nanterre, le CASH sera définitivement privé d’un hôpital digne de ce nom. Au plan médical, il se résumera à n’être qu’un centre de consultations dont les contours restent d’ailleurs flous et un lieu qui concentrera, comme il y a 50 ans, les personnes désargentées et extrêmement vulnérables.
La députée, exprimant son désaccord avec ce projet, a réaffirmé que s’il était nécessaire de poursuivre les efforts d’efficience, il est illusoire et incohérent, alors que la grande majorité des hôpitaux publics de notre pays est en déficit, d’exiger du CASH qu’il soit à l’équilibre financier. Elle a également insisté pour que cet établissement, particulier quant à ses missions et les populations qu’il prend en charge, bénéficie de dotations exceptionnelles de la part de l’Etat et que son périmètre d’activité actuel -notamment la cardiologie, la diabétologie, la maternité etc- soit non seulement conservé mais surtout, renforcé.

Le Lien -
bulletin de Jacqueline Fraysse,

députée de Nanterre et Suresnes
n° 224 - 21 avril 2017