mercredi 8 mars 2017

Patrick Jarry rend hommage à Vincent Pascucci : « Une grande figure de Nanterre et de la Résistance, un homme qui incarne ce que la France a de meilleur »

Le nom de Vincent Pascucci fait honneur à la ville de Nanterre.

Vincent Pascucci est décédé la nuit dernière à l’âge de 94 ans. C’est une grande figure de Nanterre et de la Résistance  qui nous quitte, un homme remarquable par son parcours, ses engagements, sa fidélité à sa ville et à ses idéaux.
Enfant de l’immigration italienne installée à Nanterre en 1923, Vincent Pascucci a grandi dans une famille ouvrière et a suivi toute sa scolarité dans une école du Petit Nanterre. Il entre dans la vie active à 14 ans en travaillant comme ouvrier dans une usine de jouets puis sur les péniches.
Dès le début de l’occupation de Nanterre par les nazis en juin 1940, il met en place avec d’autres jeunes communistes de la ville des actions de résistance. Aujourd’hui, distribuer un tract peut sembler un acte banal. A partir de juin 1940, celles et ceux qui comme Vincent Pascucci distribuaient des tracts dans Nanterre savaient qu’à tout moment ils risquaient l’arrestation, la torture, l’exécution ou la déportation. Nombre d’entre eux ont été fusillés au Mont-Valérien ou déportés dans les camps de la mort.
Ouvrier chez Simca, Vincent Pascucci participe à des actes de sabotage pour empêcher la livraison de matériel à l’armée allemande. Entré dans la clandestinité totale en 1942 pour échapper au service du travail obligatoire, il est chargé par les Francs-Tireurs et Partisans de rejoindre un maquis en Corrèze, avant de regagner Nanterre où il prépare la libération de la ville avec d’autres groupes de la Résistance.
Car le nom de Vincent Pascucci est lié à jamais à la libération de notre ville, le 21 août 1944, qu’il a préparée et organisée avec Raymond Barbet et son ami Louis Meunier, abattu par les Allemands la veille, et dont Vincent était très proche.
Son action dans la Résistance vaut à Vincent Pascucci le grade de Lieutenant au sein de l’armée française, et le commandement d’un bataillon afin de poursuivre les combats contre l’armée nazie jusqu’en juin 1945.
De retour à Nanterre après la guerre, il reprend son travail de mécanicien, et se voit confier des responsabilités à la direction locale du parti communiste. Elu au conseil municipal de 1953 à 1977, il est en charge de l’enfance et du sport, puis sera l’un des dirigeants de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail. Pour lui le sport était autant une passion qu’un engagement, et il s’y est pleinement consacré comme président de l’Entente Sportive de Nanterre durant près de trente années.
Au sein de l’Association nationale des anciens combattants de la résistance, dont il était le président d’honneur, Vincent Pascucci avait à cœur de témoigner de cette période, de ses heures sombres comme de ses grandeurs. Il a été un formidable passeur de mémoire, en se rendant dans de nombreux établissements scolaires, et en accompagnant des groupes de jeunes Nanterriens à Oradour, au Struthof, et à Auschwitz.
Aujourd’hui, je veux saluer un homme qui incarne ce que la France a de meilleur, qui a su dire non quand notre pays a été humilié, et qui a servi Nanterre et sa population avec courage et dévouement. Le nom de Vincent Pascucci fait honneur à la ville de Nanterre.

Patrick JARRY,
maire de Nanterre
Nanterre, le 8 Mars 2017