vendredi 10 mars 2017

La femme est un homme comme les autres


On a longtemps fait croire, aux hommes comme aux femmes, que ces dernières n’avaient pas les mêmes aptitudes que leurs collègues masculins.
Expliquant qu’elles n’étaient pas capables d’assimiler les matières scientifiques (ce n’est qu’en 1910 que les mathématiques et la physique seront enseignées aux filles), qu’elles n’avaient pas la capacité de prendre des responsabilités (ce n’est qu’en 1944 qu’elles obtiendront le droit de vote, en 1965 qu’elles pourront travailler et ouvrir un compte en banque sans avoir à en demander l’autorisation à leur mari, en 1970 qu’est supprimée la notion de « chef de famille »....) C’était hier, c’est peu dire que nous revenons de loin !
Alors certes, des évolutions sont en cours pour reconnaitre enfin aux femmes -qui ne sont pas une «catégorie de population» mais la moitié de l’humanité- les mêmes droits et devoirs qu’aux hommes. Mais nous sommes encore loin du compte et devons constater la nécessité d’agir, non seulement pour conquérir des droits nouveaux, mais pour défendre les avancées jamais définitivement acquises comme on le voit, par exemple, avec les tentatives de remise en cause du droit à la contraception et à l’IVG en France et dans bien d’autres pays.
Les femmes ne demandent rien d’extraordinaire: simplement l’égalité qui n’est affirmée dans la Constitution que depuis 17 ans et qui n’est toujours pas appliquée...
Comment peut-on justifier le fait que sur 577 députés il y ait 428 hommes et seulement 149 femmes ?
Comment peut-on tolérer qu’en moyenne le salaire des femmes soit de 26% inférieur à celui des hommes ?
Sans parler des stéréotypes de la femme fragile et sans envergure, prédisposée aux tâches domestiques et d’abord objet sexuel.
Entre les manifestations contre le mariage pour tous en France, Trump aux USA, Erdogan en Turquie, Poutine en Russie ou Kaczyski en Pologne, nous vivons une montée des forces réactionnaires, rétrogrades, des fondamentalistes de toutes les religions pour remettre en cause la liberté des femmes, empêcher toute émancipation humaine.
Elles refusent cette perspective et le font savoir dans le monde entier comme en témoigne l’ampleur de leur manifestation menée par des figures emblématiques telles qu’Angela Davis ou Nancy Fraser, le 21 janvier dernier à Washington ou le succès, dans de nombreux pays du monde, de la grève de ce 8 mars pour protester contre l’écart de salaire.
Les femmes veulent maîtriser leur vie.
Elles veulent s’investir dans leur formation, leur travail, leur carrière. Elles veulent choisir d’avoir des enfants ou pas, de se marier ou pas, avec un homme ou avec une femme.
Elles revendiquent de vivre à l’abri des violences physiques et psychologiques, des insultes et des viols qui restent encore bien trop tus et sous-estimés.
Elles ne demandent rien de particulier: être rémunérées pour leur travail, représentées dans les assemblées élues et respectées dans leur quotidien à égalité avec les hommes.
C’est aussi ce projet d’une société nouvelle faite de justice, de liberté et d’égalité qui est en jeu et à l’ordre du jour lors des élections qui s’annoncent.

Jacqueline Fraysse,
députée de Nanterre-Suresnes
mars 2017

Pour recevoir ce bulletin d'information écrivez à : NanterreReseau-subscribe@yahoogroupes.fr